Refaire ou réparer son site : comment trancher sur pièces
Six diagnostics à faire soi-même avant de décider, ce qui se répare vraiment, ce qui condamne un site, et la question à poser au prestataire.
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« Votre site est dépassé, il faut tout refaire. » C’est la phrase que tout dirigeant de TPE entend au moins une fois par an, généralement au téléphone, généralement de quelqu’un qui n’a pas ouvert le site.
Parfois c’est vrai. Souvent, non : le site fonctionne, il manque trois choses, et les trois se règlent pour une fraction du prix d’une refonte. Le problème est qu’un non-technicien n’a aucun moyen de trancher, et que la personne qui donne le diagnostic est aussi celle qui vend le remède.
Cet article donne les six examens à faire avant de décider. Ils sont à la portée de n’importe qui, ils prennent une heure, et ils suffisent dans la grande majorité des cas.
Séparer les symptômes des causes
Ce qu’un dirigeant constate, c’est toujours un symptôme : « le site ne me ramène rien », « il fait vieux », « on me dit qu’il n’est pas bien référencé ». Aucun des trois ne dit s’il faut réparer ou refaire.
Le même symptôme — aucun appel venu du site — peut avoir des causes qui n’ont rien à voir : le site n’est pas indexé du tout ; il est indexé mais sur des mots que personne ne tape ; il est trouvé mais illisible sur téléphone ; il est lisible mais ne donne aucune raison d’appeler ; ou le formulaire de contact ne fonctionne plus depuis deux ans.
Les quatre premières causes se corrigent sur le site existant. La cinquième se corrige en dix minutes. Aucune n’exige une refonte.
Les six examens
1. Le site est-il indexé ?
Tapez dans Google site: suivi de l’adresse de votre site, sans espace : site:monentreprise.fr. Google affiche les pages qu’il connaît.
Zéro résultat : le site n’est pas indexé, et c’est le problème le plus urgent — souvent un réglage de blocage laissé en place après la mise en ligne, qui se corrige en une minute. Deux ou trois résultats pour un site de dix pages : une partie du site est invisible. Toutes les pages présentes : l’indexation n’est pas votre problème.
2. Que voit un visiteur sur téléphone ?
Ouvrez votre site sur votre propre téléphone, avec les données mobiles plutôt que le Wi-Fi. Chronométrez le temps avant que le premier texte s’affiche. Essayez d’appuyer sur le numéro de téléphone. Lisez un paragraphe sans zoomer.
Si vous devez zoomer, si les boutons sont trop petits pour un pouce, si la page met plus de cinq secondes : c’est là que se perdent vos visiteurs, puisque l’essentiel des visites d’un site local arrive du mobile.
3. Le formulaire arrive-t-il ?
Remplissez-le vous-même, avec une adresse que vous consultez, et attendez. Vérifiez les indésirables. Un formulaire silencieux est le défaut le plus coûteux et le plus fréquent : il ne se voit pas, il n’alerte personne, et il détruit exactement les demandes que le site était censé produire.
4. Sur quoi le site se positionne-t-il ?
Si Search Console est branchée, elle donne la liste des requêtes qui vous amènent des visiteurs. Sinon, tapez trois recherches que vos clients feraient réellement — votre métier plus votre ville, votre métier plus votre quartier, votre besoin le plus courant — et regardez où vous sortez.
Ce test dit une chose précieuse : si le site sort correctement sur votre nom mais nulle part sur votre métier, le contenu est le problème, pas la technique.
5. Sur quoi le site est-il construit ?
Demandez-le, ou regardez vos factures. Trois cas de figure.
Un site sur une technologie courante et entretenue : tout est réparable. Un site sur un constructeur en ligne par abonnement : la réparation est possible mais bornée par ce que l’outil autorise — et c’est souvent là que le plafond se trouve. Un site sur un outil abandonné, un logiciel plus mis à jour depuis des années, une extension qui n’existe plus : la réparation devient un entretien permanent, et l’argument de la refonte redevient sérieux.
6. Le contenu dit-il quelque chose ?
Relisez votre page d’accueil comme si vous ne connaissiez pas l’entreprise. En combien de temps comprend-on le métier, la zone, la façon de vous joindre ? Les prestations sont-elles détaillées ou résumées en trois mots ? Y a-t-il une photo de votre travail réel ?
C’est le point le plus souvent en cause et le moins souvent diagnostiqué, parce qu’il ne se voit pas dans un audit technique. Un site techniquement irréprochable qui ne dit rien ne rapporte rien.
Ce qui se répare
Presque tout, en réalité, dès lors que la base tient :
- La vitesse — images non compressées, scripts inutiles, hébergement sous-dimensionné. C’est le chantier le plus rentable au regard de son coût.
- Les titres et la structure — un titre distinct par page, une hiérarchie de titres cohérente, des descriptions écrites.
- Le balisage d’établissement — le bloc de code qui déclare à Google votre nature d’entreprise, votre adresse, vos horaires, votre zone.
- Le contenu — réécrire les pages existantes, en ajouter par prestation et par commune.
- Le formulaire, les liens morts, les horaires faux — quelques heures, un effet immédiat.
- L’affichage mobile — réparable dans bien des cas, mais c’est le point où le verdict dépend vraiment de la base.
Ce qui condamne un site
Quatre situations où réparer coûte plus cher que refaire, et je le dis quand je les rencontre :
L’outil de départ interdit le travail nécessaire. Certains constructeurs ne laissent pas la main sur les titres de page, la structure des URL ou le balisage. On atteint un plafond qu’aucun budget ne franchit.
Le socle technique n’est plus maintenu. Un logiciel ou une extension abandonnée devient une faille de sécurité et un point de panne permanent.
Le site n’a pas de version mobile digne de ce nom. Pas « mal adaptée » : conçue pour un écran d’ordinateur, en 2013, sans possibilité de reprise.
Personne ne peut y toucher. Site fait par un proche parti à l’étranger, code introuvable, accès perdus, hébergeur inconnu. La reconstruction est parfois le chemin le plus court, et c’est une décision de gestion plutôt qu’une décision technique.
L’ordre des opérations
Quand la réparation est la bonne réponse, l’ordre suivant donne le plus d’effet pour le moins d’argent :
- Ce qui est cassé — formulaire, liens morts, horaires faux, certificat expiré.
- Ce qui bloque l’indexation.
- La vitesse et l’affichage mobile.
- Les titres, la structure, le balisage.
- Le contenu manquant : une page par prestation, une page par commune réellement couverte.
- La fiche d’établissement Google et les avis, traités en parallèle — c’est l’objet du guide sur le référencement local à Saint-Malo.
Les cinq premiers points représentent souvent quelques centaines d’euros, contre plusieurs milliers pour une refonte. Et ils ont un intérêt secondaire : ils donnent une mesure. Si le site corrigé se met à produire des demandes, la refonte devient inutile ; s’il ne bouge pas malgré des corrections propres, le diagnostic de refonte est enfin étayé par autre chose qu’une intuition commerciale.
La question qu’il faut poser au prestataire
Une seule suffit à faire le tri : « Qu’est-ce qui, précisément, ne peut pas être corrigé sur le site actuel ? »
Une réponse sérieuse cite des points vérifiables : tel réglage inaccessible, tel composant abandonné, telle structure impossible à reprendre. Une réponse vague — « il est dépassé », « ce n’est plus aux normes », « il faut du responsive » — n’est pas un diagnostic, c’est un argumentaire.
Et si la refonte est justifiée, elle le reste après cette question. Un professionnel qui a raison n’a aucune difficulté à expliquer pourquoi.
Ce qu’il faut retenir
Un site qui ne rapporte rien n’est pas forcément un site à refaire. Dans l’ordre : vérifier qu’il est indexé, qu’il s’affiche sur téléphone, que le formulaire arrive, qu’il parle du métier et de la zone. Ces quatre points expliquent la majorité des cas, et aucun n’exige de repartir de zéro.
La refonte se justifie quand la base interdit le progrès — pas quand le design a huit ans. Un site daté qui fonctionne et qui dit les bonnes choses vaut mieux qu’un site neuf qui ne dit rien.
Si vous ne savez pas dans quel cas vous êtes, la démarche est la même que pour une création : je regarde ce qui existe et je vous dis ce que j’en pense avant tout engagement. La méthode est décrite sur la page création de site internet à Saint-Malo, et l’ordre de grandeur des budgets dans l’article sur le prix d’un site internet.








